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février 2008

26 février 2008

1 kilo de spiruline sèche correspond à 1 tonne de fruits, légumes, viande

Au passage, extrait d'un voyage

Kader Hairi qui doit nous expliquer ses installations expérimentales de spiruline (photo 4), algue aussi vieille que la vie sur Terre, et qui serait l’avenir de l’humanité pour mettre un terme à la famine dans le monde.

4_installations_de_spiruline Installations de spiruline Photo : Alexandra Monot

Kader Hairi, homme fort affable, nous explique le potentiel miraculeux de cette plante.

Il s’agit d’une cyanobactérie rejetant de l’oxygène, poussant à l’état naturel dans des lacs de la zone intertropicale, notamment dans le Rift, dans une eau avec un pH entre 9,6 et 11, donc dans un milieu basique où elle est la seule à vivre, et à des températures de 25 à 40°C. Il est facile de faire pousser cette bactérie dans un milieu de culture à base de natron, de CO2, de sulfate de potassium, d’azote et d’urée (à raison de 0,1 g/l). Cette bactérie est fort ancienne et a peu évolué depuis des millions d’années.

Elle serait apparue avant l’atmosphère et serait à l’origine du développement de l’oxygène sur Terre. Elle fait l’objet depuis une quarantaine d’années de nombreuses études, dont celles de la NASA pour créer des compléments nutritionnels.

En effet, la spiruline a un potentiel étonnant sur le plan nutritionnel : 1kg sec de la bactérie équivaut à une tonne de fruits et légumes et de viandes en terme de vitamines, protéines et acides aminés. Un gramme de spiruline suffit donc pour nourrir une personne, ce qui représente un gain de poids considérable pour le transport dans l’espace, de plus elle est assimilable telle quelle par l’organisme. Elle permettrait ainsi de lutter contre la malnutrition. Mais elle ne comporte pas de vitamine C.

Kader Hairi a développé son petit centre expérimental, composé de quatre bassins, à la suite d’un article qu’il avait lu étant jeune dans Sciences et Vie dans les années 1960. La spiruline venait alors d’être découverte par la mission Berlier au lac Tchad. Là, la population locale mélangeait traditionnellement au mil des boulettes d’algue séchée. Un centre expérimental avait été ensuite créé par l’Institut français à Hassi Messaoud en 1960 en utilisant le CO2 issu de l’exploitation pétrolière. Avec l’indépendance de l’Algérie, le projet avait été enterré. Kader Hairi a alors repris l’idée. D’autres études menées depuis ont montré que l’existence de la spiruline est aussi attestée en Amérique latine où les Aztèques l’utilisaient déjà. Au Sahara, elle existe à l’état naturel dans certaines gueltas comme à Tin Aman. La bactérie se divise toutes les 6 heures, selon une croissance géométrique exponentielle. 7 g/m² de spiruline correspondent aux apports nutritionnels d’une personne pour 3,5 jours !

La spiruline est aujourd’hui commercialisée à prix exorbitant en parapharmacie dans les pays développés. Mais l’objectif de Kader Hairi est humanitaire, aussi a-t-il fondé une association : Sahara Spirulina. Son projet, en accord avec le gouvernement algérien, verra le jour sous peu. Il a reçu de l’administration l’autorisation d’exploiter la spiruline sur un terrain situé entre la ville de Tamanrasset et l’aéroport sur 2 ha, soit une production quotidienne de 50kg.

Cette production s’effectuera en plus à minima d’eau. En effet, la spiruline demande 1 200 à 1 500 l d’eau pour produire un kilogramme sec, contre 1 500 l pour un kg de blé et 45 000 pour un kg de riz. Son projet dans une première phase vise à produire pour vendre aux pays développés afin d’acquérir les fonds financiers nécessaires pour financer la seconde phase du programme, à but humanitaire celle-ci. D’autres projets existent en Afrique noire, notamment à Agadès au Niger.

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01 février 2008

Quels sont les aliments les plus pollués ?

Quels sont les aliments les plus pollués ? Imageslegumes

Le rapport est effrayant et pousserait presque à se méfier de tout : la DGCCRF a fait une étude sur nos fruits et légumes en 2005 qui a montré à quel point nos produits frais souffrent de la pollution ambiante. La France est le 1er pays européen pour l'utilisation de pesticides avec 76 100 tonnes de produits phytosanitaires répandus dans les champs en 2004, loin devant l'Italie, l'Allemagne ou l'Espagne. En Martinique ou en Guadeloupe, un insecticide, la chlordécone, qui sert à lutter contre le charançon dans les bananeraies, fait des ravages et pollue les eaux massivement

96% des rivières et 61% des nappes d'eau souterraines sont contaminées (Etude 2004 de l'Institut français de l'environnement) . Or, comme le souligne l'Afsset, l'agence de sécurité sanitaire de l'enivonnement et du travail, les pesticides qui se sont infiltrés vont mettre jusqu'à 30 ans pour s'éliminer des sols !

Parmi les 169 échantillons analysés par la DGCCRF, la moitié contenait des résidus de pesticides et dans 10% des cas dans des proportions supérieures aux normes légales. Les salades, surtout en hiver, étaient les plus touchées. Parmi les substances trouvées : du parathion-méthyl, un insecticide pourtant interdit, de l'iprodione, un fongicide cancérigène, de lavinclozoline, une molécule causant des malformations génitales, l'endosulfan, un insecticide interdit par la commission européenne, …
Les 4 479 mesures effectuées en 2005, ont permis d'établir le palmarès de la pollution suivant pour les produits dépassant les taux de pesticides autorisés :

31,8% des céleris branche,
26,1% des bottes de persil,
23,2% des poivrons,
21,4% des raisins secs,
19% des pêches,
16,7 des ananas,
16,1% des fraises,
12,1% des feuilles d'épinards
10,8% des céleris raves
10,2% des salades,
9 ,9% des haricots non écossés,
8,3% des pommes de terre nouvelles,
7,7% des mandarines.

L 'eau est très contrôlée mais en 2001, le contrôle sanitaire montrait que 5% des foyers avaient été alimentés par une eau dépassant les limites de substances toxiques autorisées. De 2001 à 2003n, quasiment tous les contrôles ont été bons.  Une autre manière de mesurer la teneur en pesticides consiste à mesurer la teneur en milligramme par kilo (mg/kg) des différents aliments.

Quelques résultats trouvés dans certains aliments :

Oignons : 10.9 mg/kg de résidus de fongicide alors que la limite LMR est de 1 mg/kg
Pommes de terre : 12.8 mg de résidus fongicides contre une limite de 5 mg/kg
Viande de boucherie : en 2003, 0.4% des contrôles non conformes (insecticide lindane)
Tomates : 1 mg d'acaridices ou insecticides (limite : 0.5 mg/kg)
Salades : jusqu'à 4.3 mg d'insecticides (acéphate) (limite : 0.02 mg/kg)
Le Pain : des traces de chlorpyrilfos-methyl ou de dichlorvos sont parfois trouvées dans le blé ou le seigle Le Persil : 12.8 mg (fongicides) (limite : 5mg/kg)
Oeufs : en 2003, 1,3% des contrôles étaient mauvais (supérieurs à la limite de 0.1 mg de lindane par kg) Fromages : une étude montre des traces de contamination aux organochlorés (juque 1 mg/kg de chlordane)
Mandarine : 0.17 mg d'insecticides (surtout le fenthion)
Fraises : contient parfois des fongicides (bénomyl, 0,25mg vs une limite de 0.1 mg/kg ou du cyprodinil, 3.1 mg vs limite de 2 mg)
Le vin : le raisin peut contenir plus de 2 mg/kg de thiocarbamate et donc le vin en contient aussi jusque 0.1mg.
Ce qui pose problème, plus encore que la quantité des fongicides, insecticides, herbicides, pesticides trouvée dans nos aliments, c'est la répétition de la consommation de doses, qui même minimes, dans la durée nuit gravement à la santé et peut causer des pathologies graves à terme. Plusieurs cas avérés de liens entre l'exposition aux pesticides et maladies ont été recencés, notamment dans le milieu agricole. Que faire pour se prémunir ? La première précaution est de bien laver les fruits et légumes tout en étant conscients que cela ne suffit pas à faire disparaître toutes les traces de produits chimiques. Il faudrait les éplucher, mais alors comment conserver les anti-oxydants et les vitamines contenus dans la peau ? De plus, les substances phytosanitaires sont parfois dans le corps de l'aliment… Alors ? Alors, il faut favoriser l'agriculture bio et « raisonnée » ; une conversion qui prendra forcément du temps…

(Sources : Plan de surveillance des fruits et légumes 04 de la DGCCRF, Direction générale de l'alimentation, IFEN, Institut français de l'alimentation, Voir aussi Sciences et Vie 1072, Capital février 07, "Pesticides, agriculture et environnement" expertise Inra-Simagref 2005, "Les pesticides dans l'eau potable" Direction générale de la santé 2003, "Les pesticides dans les eaux", étude IFEN 2006)
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Heureusement que l'on a la spiruline pour nous soutenir.